La Maison de l'Emploi, 2024

Le temps d’un Forum, sur quelques heures seulement, les mots se sont faits matière, traces et empreintes.
 
Sur trois grands panneaux de bois de coffrage, matière de chantier, ceux qui portent les fondations avant de disparaître, j’ai déployé une minuscule carolingienne au spalter (grand pinceau plat) pour écrire les valeurs de travail selon Rudy Ricciotti, architecte de la Maison de l’Emploi et Claude Viallat, figure du mouvement Supports/Surfaces, dont l’art dialogue ici avec la lumière naturelle.

À travers eux, c’est tout un geste qui se rejoue : bâtir, écrire, ouvrir.
Entre les lettres, au stylo correcteur un espace partagé invitait les visiteurs à y glisser leurs propres mots, leurs doutes, leurs rêves autour de la notion du  travail et de l’emploi.

« Qu’est-ce qu’un emploi évoque pour vous ? », leur demandait-je. J’avais des grimaces vous vous doutez.. « Quelle place pourrait-il prendre dans un monde meilleur ? », « Qu’est-ce que vous attendez d’un travail ou d’un emploi ? »
  
Au fil des heures, l’œuvre s’est chargée de ces écritures multiples, de ces pensées partagées comme un paysage de mots, des calligraphies habitées et vivantes. Un espace à lire, à écrire — un chantier d’écriture suspendu, à ciel ouvert.